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Le football au Cameroun | Le foot : sport-roi au Gabon | Le sport en Côte-d'Ivoire

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Témoignages de supporters camerounais et gabonais.

Choisir son club

Au Cameroun

Grégoire Biwolé : "Je suis un sportif et le football que je pratique de temps en temps me passionne. À Yaoundé, la capitale du Cameroun où j’habite, deux clubs animent la plate-forme sportive. Il s’agit du Canon Sportif et du Tonnerre Kalara club. La rivalité entre ces deux clubs de la capitale relève pratiquement du mythe. Ce qui rend les supporters plus ardents et plus engagés. Pour ma part, ma préférence s’est portée sur le Canon Sportif de Yaoundé qui est un club bien structuré avec des dirigeants emblématiques qui sont, pour la plupart, d’anciens joueurs internationaux.

Plusieurs raisons ont motivé ma préférence pour le Canon Sportif de Yaoundé. Le Canon est une grande équipe, ses joueurs ont souvent constitué l’ossature de l’équipe nationale du Cameroun les Lions indomptables. L’image de marque est entretenue par un palmarès très étoffé : plusieurs coupes du Cameroun et d’Afrique gagnées, plusieurs championnats remportés. Le Canon dispose d’un grand stade d’entraînement où ses supporters peuvent venir soutenir régulièrement les joueurs pendant les entraînements ; le siège de l’équipe est près du stade et tout le monde y a accès pour toute information désirée.

Le Canon pratique un football efficace, basé sur un jeu direct peu spectaculaire, comme le rappelle son nom, avec comme objectifs d’être un baroudeur, de foncer droit au filet et de marquer des buts sans fioriture. Le style de management de cette équipe est participatif, transparent à travers des congrès, des réunions ordinaires et extraordinaires où les décisions sont prises collégialement. La gestion financière transparente a aussi été l’une de mes motivations dans le choix de ce club : les ressources financières proviennent des recettes des matchs, des sponsors, des partenaires étrangers et des cotisations des membres."

Au Gabon

Armand Cabrel Moughene : "Manga Sport est le meilleur club de la province (Haut-Ogooué) et, de plus, il a été champion du Gabon en 2004 et 2005. Il a participé à la coupe d’Afrique des clubs champions à ce titre et compte plusieurs bons joueurs expatriés. Le club est bien structuré, ce qui est normal pour l’équipe de l’entreprise Comilog exploitant le manganèse à Moanda".

Aurélien Allogho Obame : "L’Union sportive d’Oyem (USO) est une nouvelle équipe (elle a 2 ans) qui monte de la deuxième à la première division. Elle a de l’avenir".

Joe Allogo Allogo : "L’Union sportive de Bitam (USB) est un club sponsorisé par les bitamois. C’est un club organisé qui cultive l’ethno-convivialité puisqu’il est entraîné par un camerounais. Il a gagné en 2000 la coupe interclubs du Gabon et depuis 8 ans il compte parmi les 4 meilleures équipes du championnat et à ce titre participe régulièrement aux compétitions sous-régionales (Afrique centrale)."

Kévin Aboghe Ngye : "L’Union sportive Mbilia Nzambi (USM) est un club structuré avec un embryon d’école de football puisqu’il va de pair avec le Lycée Djoué Dabany. Il compte trois terrains de foot, des bus, une infirmerie, des logements pour les footballeurs… On a des minimes, des cadets, des juniors (qui jouent en deuxième division) et la D1. L’USM est sans doute le seul club qui forme des joueurs au Gabon. On peut citer Cédric Moubamba qui joue actuellement à Sogéa, Paul Kessany qui joue maintenant à F 105 et George Ambourouet qui évolue à Sedan, en France…"

Supporter son équipe

Certains assistent à tous les matchs, mais personne ne rate les plus importants (demi-finale, finale). Les cris d’encouragement changent selon les régions : "Allez Manga !" ou "USO Ossou !", "USB, Ossou !" (Ossou signifie "en avant" en langue fang). Les chansons sont traditionnelles (en obamba pour Mangasport, en fang pour USB ou USO) et sont chantées soit par le public, soit par des groupes de danse ou des artistes invités pour la circonstance (Sima Boula, Bivouroux). Les chansons modernes sont souvent des chansons obscènes, comme "Marie-Jeanne" ou d’autres du même genre. Citons le refrain de la chanson la plus allusive :

"ouvrez la boîte o ! (2 fois)
tu veux voir quoi ?
moi-même je connais o ! (3 fois)
ouvrez la boîte, je veux voir o !"

La victoire de l’équipe favorite est l’occasion d’une fête populaire : les bars sont ouverts, les cadres et les politiques rivalisent de générosité pour offrir à boire à tous. À Bitam, la fête est plus organisée : les bitamois résidant à Libreville descendent au pays fêter pendant deux jours la victoire. Le premier jour est assez formel : discours des officiels, présentation du trophée à la population, groupes de danse traditionnelle. Le deuxième jour est plus informel : c’est la fête populaire, danses et boissons traditionnelles (vin de maïs, vin de palme, vin de canne…).

Pour Grégoire Biwolé, "la vie de supporter d’une équipe se résume en une série de droits et surtout de devoirs. En ce qui concerne les devoirs, le premier est de payer ses cotisations car les cotisations constituent les premières entrées financières du club et les plus sûres. Il se doit d’assister à tous les matchs de son équipe, aussi bien les matchs d’entraînements que ceux de compétition et de participer aux congrès. Supporter son équipe, c’est le faire en toutes circonstances, lors des événements favorables telle qu’une victoire mais aussi lors des événements malheureux comme une défaite. Le supporter doit bien connaître les joueurs, les nouvelles recrues, et les aimer comme les membres d’une grande famille.

L’emblème du Canon est le dessin d’un canon symbole de la force et de la victoire après la bataille. Le drapeau est rouge et frappé de cet emblème et les maillots des joueurs sont généralement de couleur rouge ou verte, les deux couleurs du club. Quant au slogan, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, le slogan du Canon Sportif est le son du déclic lorsqu’on arme le canon représenté par trois lettres "KPA" et le son de la bombe lorsqu’elle part du canon, "kum". En somme, le slogan du Canon Sportif est "KPA-KUM" qui signifie tonner comme le canon et vaincre l’adversaire.

Nous avons une chanson, un hymne, que nous devons entonner dans les moments importants, aussi bien pour célébrer une grande joie que pour soutenir l’équipe en cas d’événement malheureux :

L'hymne du canon

"Hé ! Hé ! Canon, c’est toi la grande équipe, kélé !
C’est toi qui enseignes aux équipes à jouer au football,
C’est toi qui ramènes toutes les victoires, kélé !
Grâce à toi le Cameroun a remporté tant de victoires
à l’étranger . kélé foa, kélé foa, kélé !
Grâce à toi tes supporters ont remporté tant de victoires
au Cameroun. Kélé foa, kélé foa !
Va de l’avant Canon, Va de l’avant, encore plus haut,
Toujours plus haut. kélé foa, kélé foa !
Et s’il t’arrive de trébucher, relève toi et va de l’avant,
Relève toi et avance vers d’autres sommets. Anti Zamba !
Kélé a kanon… kélé foa kélé foa !"

Lorsqu’il y a une victoire, celle-ci se fête au siège du club Canon à Yaoundé. Un grand défilé motorisé à travers les rues de la capitale est organisé : les supporters munis de drapeaux du club, vêtus de tee-shirts imprimés de l’emblème du Canon défilent en chantant l’hymne du Canon. Ensuite, tous les supporters se rendent dans les bars et bistrots du voisinage pour boire et manger aux frais du club. Le reste de la nuit va se poursuivre dans un bar dancing où tous danseront jusqu’au matin."


Propos recueillis par Christiane Ekodo et Edgard B. Bokoko
Pour Franc-parler.org

Première publication : 08/06/05 - Mise à jour : 08/06/06

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